La Haute Autorité de la Communication (HAC) a décidé, jeudi 17 septembre 2026, d’interdire la diffusion de France 24 en Guinée avec effet immédiat. La mesure concerne aussi bien le signal télévisé que les différents supports numériques de la chaîne. Elle intervient au lendemain d’une mise en demeure adressée au média français à la suite d’une séquence diffusée le 15 septembre.
Dans une décision signée à Conakry le 17 septembre, l’organe guinéen de régulation des médias annonce l’interdiction de France 24 sur l’ensemble du territoire national. La chaîne ne peut désormais plus être diffusée par satellite ou par câble, tandis que ses applications mobiles, ses sites internet et ses réseaux sociaux sont également concernés par la mesure.
La HAC ne s’est pas limitée à l’interruption du signal. Elle a également révoqué l’autorisation de diffusion de France 24 en Guinée et décidé du retrait, avec effet immédiat, des accréditations de presse de l’ensemble des correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs de la chaîne présents dans le pays.
L’ARPT chargée du blocage des accès numériques
Dans sa décision, la HAC demande à l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT) de procéder « sans délai » au blocage technique des différents accès numériques de France 24.
Les sites internet de la chaîne, ses flux de streaming ainsi que ses applications mobiles sont concernés. La mesure vise également les différents moyens permettant d’accéder aux contenus de France 24 en ligne.
Le distributeur du bouquet Canal+ Guinée est, lui aussi, directement concerné. La HAC lui demande de couper immédiatement le signal de la chaîne sur son bouquet. Des médias guinéens rapportaient déjà jeudi matin que France 24 n’était plus accessible sur Canal+ en Guinée.
La décision précise que ces mesures prennent effet dès la date de sa signature. Elle doit également être enregistrée et publiée au Journal officiel de la République de Guinée.
Une décision prise après une mise en demeure
Cette interdiction intervient moins de 24 heures après une première décision de la HAC visant France 24.
Mercredi 16 septembre, l’instance de régulation avait mis la chaîne en demeure à la suite d’une édition d’information diffusée le 15 septembre. La HAC reprochait notamment à France 24 d’avoir utilisé le qualificatif « président putschiste » pour désigner Mamadi Doumbouya.
Selon la décision de mise en demeure, la HAC considérait cette formulation comme inappropriée et contraire aux règles d’éthique et de déontologie journalistiques. Elle demandait alors à la chaîne de procéder à des rectifications et de mettre fin à l’utilisation de termes considérés comme attentatoires à la dignité des institutions guinéennes.
La HAC avait également averti France 24 que le non-respect de cette mise en demeure ou une récidive pouvait entraîner l’application de sanctions prévues par la législation.
La nouvelle décision publiée jeudi marque donc un durcissement de la position du régulateur. Alors que la première mesure demandait à la chaîne de rectifier son traitement éditorial, la décision du 17 septembre va désormais jusqu’à la révocation de son autorisation de diffusion et au retrait des accréditations de ses équipes en Guinée.
France 24 désormais interdite sur plusieurs supports
La portée de la décision est particulièrement large. Elle ne concerne pas uniquement la télévision traditionnelle.
La HAC vise expressément plusieurs modes de diffusion, notamment le satellite, le câble, les applications mobiles, les sites internet et les réseaux sociaux. L’objectif affiché est ainsi de mettre fin à l’accès aux contenus de France 24 depuis le territoire guinéen par les principaux canaux de diffusion.
La question de l’application technique de cette mesure se pose désormais aux opérateurs concernés, notamment à l’ARPT pour les accès numériques et à Canal+ Guinée pour la diffusion télévisée.
Cette interdiction intervient par ailleurs dans un contexte marqué par plusieurs décisions récentes de la HAC concernant des médias et des professionnels de la presse. La veille, l’autorité avait annoncé le retrait immédiat de l’accréditation du correspondant de Jeune Afrique en Guinée.
Avec la décision prise contre France 24, c’est cette fois une chaîne internationale entière qui est visée par une mesure de suspension de diffusion sur le territoire guinéen.
Une interdiction effective dès sa signature
Dans son communiqué, la HAC ne prévoit pas de période de transition. L’interdiction de France 24 est annoncée comme étant immédiatement applicable.
Les opérateurs et institutions concernés sont donc appelés à mettre en œuvre la décision sans délai. La chaîne perd également son autorisation de diffusion en Guinée et ses représentants ne disposent plus de leurs accréditations de presse dans le pays.
La décision du 17 septembre 2026 sera, selon la HAC, publiée au Journal officiel de la République de Guinée.
Pour l’heure, la mesure place France 24 dans une situation d’interdiction complète de diffusion en Guinée, aussi bien sur les canaux télévisés que sur les principales plateformes numériques.






