Le président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya, a été reçu ce dimanche par son homologue ivoirien Alassane Ouattara à l’occasion d’une visite officielle en Côte d’Ivoire. Une rencontre au sommet qui a permis aux deux chefs d’État d’échanger sur l’état des relations bilatérales entre leurs pays et sur les perspectives de coopération à venir.
Dès l’ouverture des échanges, le président ivoirien a tenu à souligner la dimension chaleureuse de cette visite, employant des mots empreints de fraternité pour accueillir son hôte guinéen.
« Je suis très, très heureux d’accueillir mon frère, le président Mamadi Doumbouya de la République de Guinée, qui nous rend visite à la maison. Vous êtes chez vous, M. le Président, et je dois dire que c’était agréable d’avoir ces entretiens très fructueux avec vous », a déclaré Alassane Ouattara.
Cette formule, loin d’être un simple protocole diplomatique, traduit la proximité affichée entre les deux dirigeants et s’inscrit dans la continuité des relations historiques entre Abidjan et Conakry.
Prenant à son tour la parole, Mamadi Doumbouya a d’abord tenu à revenir sur le plan politique et diplomatique de cette relation bilatérale. Le président guinéen a exprimé sa reconnaissance envers son homologue pour le soutien apporté tout au long du processus électoral qui a conduit à son élection à la tête de l’État guinéen.
« Sur le plan politique et diplomatique, je vais saluer le soutien et l’accompagnement de Votre Excellence à mon endroit tout au long du processus électoral qui a conduit à mon élection à la magistrature suprême de mon pays. J’ai été honoré d’accueillir la délégation que vous avez bien voulu dépêcher à mon investiture », a-t-il déclaré.
Ces propos rappellent que la Côte d’Ivoire avait dépêché une délégation lors de la cérémonie d’investiture de Mamadi Doumbouya, un geste diplomatique fort qui témoigne de la solidité des liens entre les deux nations ouest-africaines.
Au-delà du volet politique, c’est surtout sur le terrain économique que le chef de l’État guinéen a souhaité insister. Pour Mamadi Doumbouya, la Guinée et la Côte d’Ivoire disposent d’atouts complémentaires qui devraient favoriser une coopération économique renforcée dans les années à venir.
« Nos deux économies sont, à mon sens, appelées à être complémentaires sur plusieurs domaines. Nous disposons, pour notre part, de vastes terres agricoles, de fer de Simandou et de la bauxite, avec bientôt trois raffineries d’alumine, de l’or, ainsi que de la plus grande raffinerie d’or d’Afrique qui sera inaugurée avant la fin de l’année », a poursuivi le président guinéen.
En évoquant les ressources stratégiques de son pays, gisement de fer de Simandou, bauxite, projets de raffineries d’alumine et raffinerie d’or présentée comme la plus grande du continent, Mamadi Doumbouya a voulu mettre en avant le potentiel économique guinéen et les opportunités qu’il pourrait offrir à des partenaires régionaux comme la Côte d’Ivoire. Cette annonce concernant l’inauguration prochaine d’une raffinerie d’or d’envergure continentale illustre par ailleurs l’ambition affichée par Conakry de se positionner comme un acteur incontournable du secteur minier en Afrique de l’Ouest.
Le président guinéen a conclu son intervention en réaffirmant son attachement à une vision de la coopération internationale fondée sur les échanges entre pays du Sud.
« Monsieur le Président, je crois à la coopération internationale et, plus particulièrement, à la coopération Sud-Sud », a-t-il conclu.
Cette déclaration s’inscrit dans une orientation plus large de la diplomatie guinéenne, qui semble vouloir privilégier les partenariats avec les nations africaines et les pays du Sud, plutôt que de dépendre exclusivement des relations avec les puissances occidentales traditionnelles.
Cette rencontre entre les deux chefs d’État intervient à un moment où la Guinée cherche à consolider ses alliances régionales, dans un contexte marqué par d’importants projets miniers structurants pour l’économie nationale. Elle confirme également la volonté affichée par les deux pays de maintenir un dialogue politique de haut niveau, au service d’une coopération bilatérale que les deux dirigeants souhaitent voir se développer davantage dans les mois et années à venir.
Ahmed Soumah





