Accusé d’avoir commandité le meurtre de la légende du rap américain Tupac Shakur, Duane Davis, alias « Keffe D », ancien membre du gang South Side Compton Crips, a été fixé sur son sort. Il a comparu mardi devant un tribunal du Nevada pour l’énoncé de sa peine et a été condamné à une peine minimale de 40 ans de prison.
« Vous n’avez pas le droit d’arracher un homme à sa famille. Vous n’avez pas le droit de lui ôter la vie, de lui voler tout son avenir, puis de vous en tirer à bon compte. Surtout quand cet homme s’appelle Tupac Shakur », a déclaré la juge Carli Kierny, selon le média français 20 Minutes.
« Cela nous a pris trente ans, mais aujourd’hui, vous allez répondre de vos actes », a-t-elle ajouté, en prononçant une peine inférieure à la réclusion à perpétuité incompressible réclamée par l’accusation.
Âgé de 63 ans, Duane Davis devra purger 40 ans de prison avant de pouvoir solliciter une libération conditionnelle. Celle-ci ne lui sera toutefois pas automatiquement accordée. Avant même le prononcé de la sentence, son avocat, Michael Sanft, avait annoncé son intention de faire appel de la décision.
Une vengeance liée à une rivalité entre gangs
Pendant trois semaines, le procès a examiné les circonstances du meurtre de Tupac Shakur, survenu dans la nuit du 7 septembre 1996 à Las Vegas. Selon l’accusation, Duane Davis aurait organisé l’assassinat du rappeur pour venger son neveu, Orlando Anderson, passé à tabac quelques heures plus tôt. Tupac aurait participé à cette agression après avoir assisté à un combat de boxe de Mike Tyson à Las Vegas.
À cette époque, le rap américain était marqué par de fortes rivalités entre les scènes de la côte Ouest et de la côte Est. Tupac Shakur, interprète de titres emblématiques tels que California Love et All Eyez on Me, était alors l’une des figures majeures du hip-hop californien.
Il évoluait au sein du label Death Row Records, basé sur la côte Ouest et opposé à Bad Boy Records, le label new-yorkais fondé par Sean Combs, connu sous le nom de P. Diddy. Ces tensions entre les deux camps ont marqué l’un des conflits les plus célèbres de l’histoire du rap américain.
Près de trente ans après la mort de Tupac Shakur, cette condamnation constitue un nouvel épisode judiciaire dans une affaire qui continue de marquer l’histoire du hip-hop.
Mohamed Sylla





