Les Bissau-Guinéens ont approuvé, dimanche 30 août, le projet de nouvelle Constitution soumis à référendum. Selon les résultats provisoires publiés par la Commission nationale des élections (CNE), le « Oui » recueille environ 70 % des suffrages exprimés, contre 30 % pour le « Non ». Un scrutin marqué par de forts écarts régionaux et par le vote hostile de la capitale.
Une adoption large, portée par l’intérieur du pays
Sur 914 428 électeurs inscrits, 572 712 se sont rendus aux urnes, soit une participation de 63 %. Le « Oui » totalise 383 116 voix contre 160 954 pour le « Non ». La révision constitutionnelle avait pourtant été la cible d’appels au boycott, venus aussi bien de partis politiques que d’une partie de la société civile — sans parvenir à empêcher une victoire nette du texte.
Le vote a suivi une nette fracture géographique. Dans les régions de l’intérieur, le « Oui » domine largement : 90 % à Gabú, 85 % à Bafatá, 79 % à Biombo et à Quinara, 70 % à Cacheu comme à Tombali. Oio (60 %) et Bolama-Bijagós (58 %) valident également le texte, mais avec des marges plus resserrées.
Bissau fait figure d’exception. Dans la capitale, le « Non » l’emporte avec 52 % des suffrages, contre 48 % pour le « Oui » — sans toutefois peser sur le résultat national, la loi référendaire ne retenant que la majorité des suffrages exprimés à l’échelle du pays.
Ce que change la nouvelle Constitution
Le texte fait basculer la Guinée-Bissau d’un régime semi-présidentiel vers un régime présidentiel, en renforçant les pouvoirs du chef de l’État. Il réduit par ailleurs le nombre de députés à l’Assemblée nationale populaire, qui passe de 102 à 65 sièges.
Présentant les résultats, la présidente de la CNE, Carmem Isaura Tavares Batista Lobo, a assuré que le dépouillement s’était déroulé dans le respect de la loi référendaire, qui fixe l’adoption du projet à la majorité des suffrages exprimés.
Une étape dans la transition militaire
Ce référendum s’inscrit dans le processus de transition ouvert après le coup d’État du 26 novembre 2025, qui avait porté le général Horta N’Tam à la tête du pays. La nouvelle Constitution, adoptée à l’unanimité en janvier par le Conseil national de transition, doit désormais entrer en vigueur après validation définitive des résultats.
Le pays se tourne à présent vers l’élection présidentielle prévue en décembre, présentée par les autorités de transition comme l’étape devant clore ce cycle militaire et rendre le pouvoir aux civils.
Avec Bissau Odemocrata pour les données de participation.





