L’Intersyndicale de l’éducation maintient la pression sur le gouvernement concernant l’application du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026. Selon Michel Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), les organisations syndicales exigent le respect des engagements pris avant toute organisation de concours au niveau du ministère de l’Éducation nationale.
4 500 enseignants contractuels revendiqués
Michel Pépé Balamou rappelle qu’en 2024, 14 500 enseignants contractuels communaux avaient été identifiés, recensés, biométrisés, puis soumis à une évaluation en pratique de classe.
À l’issue de cette évaluation, 10 000 enseignants auraient été retenus, tandis que 4 500 autres auraient été recalés, selon les chiffres avancés par le secrétaire général du SNE.
Le responsable syndical soutient toutefois que la grande majorité des 4 500 enseignants recalés avaient obtenu la moyenne.
« Parmi ces 4 500, seuls 60 n’ont pas eu la moyenne. Tout le reste, plus de 4 400 personnes, ont obtenu une moyenne égale ou supérieure à 10/20. Cela signifie qu’ils ont le niveau », a-t-il déclaré.
Pour Michel Pépé Balamou, le protocole d’accord prévoit une priorité à l’engagement de ces enseignants.
« Le français est très clair : prioritaires à l’engagement. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela implique que nous devions prendre leur moyenne. Tous ceux qui ont entre 10 et 20/20 n’ont plus de concours à passer », a-t-il affirmé.
Le syndicaliste estime également que les enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry doivent être soumis à une évaluation en pratique de classe, conformément aux dispositions du protocole d’accord.
Des retards dans l’application du protocole
L’Intersyndicale reconnaît que certaines dispositions financières prévues dans le protocole ont été appliquées. Michel Pépé Balamou indique toutefois que plusieurs engagements techniques accusent encore du retard.
« En fin de septembre, 1 200 000 GNF doivent être ajoutés à la prime de documentation, pour la porter à 1 500 000 GNF, et 200 000 GNF restent au titre des indemnités de logement et de transport. C’est donc 1 400 000 GNF qui doivent être intégrés au salaire de tous les enseignants de Guinée à la fin de ce mois. Sur ce volet financier, le protocole est respecté », a-t-il expliqué.
En revanche, il déplore le retard enregistré dans la mise en œuvre de plusieurs dispositions techniques.
Selon lui, le protocole signé le 3 janvier 2026 prévoyait la mise en place, dès février, de plusieurs commissions techniques. Celles-ci n’auraient finalement été installées qu’en avril, après des menaces de grève de la part des organisations syndicales.
Trois commissions sont notamment concernées. La première est chargée du dossier des enseignants contractuels communaux non retenus à l’issue des évaluations. La deuxième doit travailler sur les actes de nomination des cadres devant bénéficier des primes de fonction. La troisième est consacrée à la révision du statut particulier des personnels de l’éducation et de la formation.
Les préalables de l’Intersyndicale avant tout concours
Avant toute organisation de concours au niveau du ministère de l’Éducation nationale, l’Intersyndicale exige la satisfaction de plusieurs engagements.
Elle réclame notamment :
- l’engagement des 4 500 enseignants contractuels communaux ayant obtenu la moyenne ;
- l’engagement des près de 2 000 enseignants contractuels de Conakry ;
- le paiement des neuf mois d’arriérés de salaire dus aux 10 000 enseignants des collectivités ;
- la régularisation des situations administratives, notamment les échelons, les indices et les reclassements ;
- la régularisation des primes d’incitation, particulièrement en zone rurale ;
- l’amélioration des conditions matérielles et financières dans les établissements scolaires, notamment la réhabilitation des écoles délabrées et la mise à disposition de latrines, d’eau, de tables-bancs, de matériel didactique et de cahiers.
« Nous n’accepterons aucun principe d’organisation de concours au niveau du ministère de l’Éducation nationale. L’Intersyndicale reste catégorique et formelle : tant que les points susmentionnés et clairement identifiés dans le protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 ne sont pas satisfaits, il n’y aura pas de possibilité d’aboutir à une ouverture apaisée des classes », a conclu Michel Pépé Balamou.
Mohamed Sylla





