Simandou 2040 : la Guinée lance la première vague du pilier « Transports » pour accélérer la modernisation des infrastructures

Le gouvernement guinéen a officiellement lancé, ce samedi 25 juillet, la première vague du pilier 3 du programme Simandou 2040, consacré au développement des infrastructures de transport. Cette phase vise à accélérer la mise en œuvre de plusieurs projets structurants dans les secteurs routier, ferroviaire, portuaire et aérien afin d’améliorer la mobilité, de renforcer les échanges et de soutenir le développement économique du pays.

Présidant cette cérémonie, le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a précisé que cette étape revêt avant tout un caractère symbolique, plusieurs projets étant déjà engagés sur le terrain.« Il s’agit ici d’un lancement symbolique dans la mesure où la plupart des projets inscrits dans cette première vague sont déjà en cours de réalisation », a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé que la politique gouvernementale ambitionne de faire des transports un levier majeur de développement. « Notre ambition est de développer des solutions de mobilité intra et extraterritoriale dans les domaines routier, ferroviaire, portuaire et aérien afin d’assurer le transport des Guinéens et du fret à l’intérieur du pays et vers le reste du monde. »

À travers le programme Simandou 2040, les autorités entendent mettre en place un réseau de transport multimodal capable de relier efficacement les différentes régions du pays, tout en modernisant les infrastructures existantes. Les investissements concernent notamment les routes, les chemins de fer, les ports et les plateformes aéroportuaires.

Dans le secteur aérien, Ousmane Gaoual Diallo a indiqué que l’extension de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré progresse conformément au calendrier fixé.

Le ministre a également annoncé une amélioration progressive de la connectivité aérienne de la Guinée. Selon lui, Air France, Ethiopian Airlines et Royal Air Maroc ont augmenté leurs fréquences vers Conakry. Une liaison avec l’Égypte est également annoncée, tandis que la compagnie nigériane Air Peace dessert désormais Conakry via Bamako.« La première phase de ce projet est entièrement achevée, tandis que la seconde phase sera lancée dans les prochains mois. À terme, la capacité d’accueil de notre aéroport atteindra les quatre millions de passagers. »

Selon le ministre, cinquante bus déjà acquis seront prochainement déployés sur les lignes interurbaines. Cinquante autres véhicules devraient être achetés en 2026 grâce à des financements déjà mobilisés. En parallèle, un partenariat avec le secteur privé prévoit l’acquisition de 200 bus supplémentaires destinés à améliorer la mobilité dans le Grand Conakry.« Le ministère des Transports a, en relation avec la société DSD, lancé l’acquisition de 2 000 taxis qui viendront renouveler le parc urbain, offrir des solutions de mobilité aux concitoyens et créer des emplois pour les jeunes. »

Les futurs bénéficiaires pourront acquérir ces véhicules grâce à un système de paiement échelonné sur 24 ou 36 mois, avec un apport initial estimé à environ 18 millions de francs guinéens. Les prix des véhicules devraient varier entre 140 et 200 millions de francs guinéens, après une subvention de l’État et des négociations avec les importateurs.

Le pilier consacré aux transports comprend aussi plusieurs projets dans le domaine maritime et portuaire. Le ministre a annoncé que le port sec de Kagbelen devrait être livré en octobre 2026. Cette infrastructure est appelée à contribuer au désengorgement du Port autonome de Conakry.

Par ailleurs, des discussions sont en cours en vue de développer de nouveaux corridors logistiques vers Moribaya ainsi qu’un projet de port à Dubréka, actuellement à l’étude. Le Port autonome de Conakry poursuit également son programme d’extension, tandis que la Société navale assure déjà la desserte des îles de Loos ainsi que la liaison maritime entre Conakry et Freetown avec une flotte d’une dizaine de bateaux.

Représentant le Premier ministre lors de cette cérémonie, Bangaly Maty Konaté, conseiller chargé des Transports à la Primature, a rappelé que Simandou 2040 dépasse le cadre des seuls projets d’infrastructures. « Simandou 2040 est une vision nationale qui mobilise tous les secteurs autour d’un objectif commun : transformer durablement notre pays et améliorer le bien-être des populations. »

Il a appelé les ministères concernés à renforcer leur collaboration afin d’assurer la réussite de cette stratégie.« Notre ambition ne doit pas s’arrêter à Conakry. Nous devons améliorer la mobilité des personnes et des biens sur tout le territoire. Nous exhortons le ministère des Transports et celui des Infrastructures à travailler en synergie. »

Pour conclure, Ousmane Gaoual Diallo a insisté sur le fait que cette première vague constitue le début d’un chantier de longue haleine. « Le lancement de cette vague n’est pas une finalité. C’est le point de départ d’une ambition beaucoup plus vaste : faire émerger un système de transport multimodal, moderne, intégré, sûr, accessible, inclusif et durable sur l’ensemble du territoire national. »

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