Le colloque intitulé « L’Épopée de la culture guinéenne » a ouvert ses portes ce jeudi 22 octobre au Musée national de Guinée, à Conakry. Organisé par Select Com, cet événement réunit des acteurs historiques de la culture guinéenne, des personnalités du monde musical et des figures culturelles de la sous-région autour de la transmission du patrimoine culturel aux nouvelles générations.
La cérémonie d’ouverture a connu la présence du Dr Youssouf Boundou Sylla, secrétaire général du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, ainsi que de plusieurs personnalités ayant marqué l’histoire culturelle du pays.
Pour Fodéba Isto Keira, coproducteur du colloque, cette initiative constitue avant tout un cadre d’échange et de transmission des expériences accumulées au fil de plusieurs décennies.

« C’est le coup d’envoi de notre colloque intitulé “L’Épopée de la culture guinéenne”. C’est un espace d’échange, de partage, de transmission aussi. Parce que nous avons dit qu’il fallait transmettre à la nouvelle génération ce que nous avons appris pendant plus de 38 ans, 40 ans », a-t-il expliqué.
Et de poursuivre : « Comme je le disais tout à l’heure lors de mon intervention, ce sont les anciennes bouches qui parlent aux nouvelles oreilles. Je crois que la nouvelle génération va s’abreuver à la source de la culture guinéenne et se l’approprier. Cela lui permettrait une meilleure structuration et une meilleure professionnalisation du secteur culturel. »
Le ministère salue une initiative de transmission
Représentant le ministre de tutelle, Moussa Moïse Sylla, en mission à l’étranger, le secrétaire général du département, Dr Youssouf Boundou Sylla, a salué la présence de plusieurs anciens ministres et pionniers de la culture nationale, notamment Justin Morel Junior, Jean-Baptiste Williams et Boubacar Yacine Diallo.
Il a réaffirmé la disponibilité du ministère à accompagner les initiatives visant à valoriser le patrimoine culturel guinéen et à favoriser le partage d’expériences entre les générations.

« La nouvelle génération doit pouvoir bénéficier de ces expériences. Le ministère gardera toujours les bras ouverts pour accompagner ces belles initiatives, afin que la culture guinéenne continue de rayonner », a déclaré Dr Youssouf Boundou Sylla, avant de procéder à l’ouverture officielle des travaux.
Jacques Bizollon et Alpha Traoré « James », témoins de l’histoire musicale guinéenne
Parmi les personnalités présentes figurait également Jacques Bizollon, patron du studio JBZ, basé à Abidjan. Au fil des décennies, ce studio a contribué à la production de nombreux albums d’artistes guinéens, participant ainsi à la diffusion de la musique nationale.
Revenant sur son parcours et sa contribution à l’industrie musicale guinéenne, Jacques Bizollon a indiqué avoir travaillé avec plus de 150 artistes du pays entre 1981 et 2018.

« Donc, de 1981 jusqu’en 2017-2018, j’ai fait 150 artistes guinéens, dont les principaux sont Lucia Saran, les Sœurs Barry, Sékouba Bambino, Ibro Diabaté, enfin, tout le monde », a-t-il confié.
Dans le même esprit, Alpha Traoré, connu sous le surnom de « James », opérateur culturel ayant également contribué à la production musicale guinéenne, a évoqué son expérience et les réalisations qui ont marqué son parcours. Il affirme avoir produit 135 albums.
Évoquant les premiers enregistrements qui ont jalonné cette histoire, il a notamment cité celui du Colima Jazz, réalisé le 5 décembre 1986 par Super Selection, avant de revenir sur le parcours d’artistes comme Mory Djely Deen et Sékouba Kandia.
Pour Alpha Traoré « James », la valorisation de cet héritage constitue un enjeu majeur pour les nouvelles générations, particulièrement dans un contexte marqué par la transformation numérique et l’évolution des modes de consommation de la musique.

« Le passé est la base. Du moins, la beauté d’une ville, c’est sa fondation. Avec cette épopée du Mandingue, les anciens vont transmettre à la nouvelle génération, surtout pour la défense et la valorisation de l’identité musicale », a-t-il souligné.
Il a également insisté sur la nécessité d’accompagner les jeunes acteurs culturels face aux défis liés à l’intelligence artificielle et au numérique. Selon lui, les autorités doivent contribuer à leur formation et à leur sensibilisation afin de préserver la qualité et l’identité de la musique guinéenne.
La suite du colloque attendue ce vendredi
Les travaux se poursuivront ce vendredi 23 octobre autour de plusieurs thématiques consacrées au patrimoine historique et à l’évolution de la musique guinéenne dans un contexte de mondialisation.
Le programme prévoit notamment un axe sur la gestion du patrimoine historique, avec les interventions de Mamadi Koba Camara et Bonata Dieng.
Un autre axe portera sur la musique guinéenne à l’ère de la mondialisation, avec des échanges autour des enjeux de la digitalisation et des nouveaux modes de consommation, auxquels sont associés Moussa Fofana et Kerfalla Makanera.
Enfin, la cohésion sociale et les expressions artistiques contemporaines seront abordées avec la participation de Bilia Bah.
À travers ces échanges, le colloque entend contribuer à la préservation de la mémoire culturelle guinéenne, à la valorisation de ses acteurs historiques et à la transmission de cet héritage aux générations futures.
Mohamed Sylla





