Le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Samuel Eto’o, affiche clairement son soutien à Gianni Infantino. Dans un entretien accordé à France 24, l’ancien attaquant des Lions indomptables a défendu le bilan du président de la FIFA et annoncé son intention de voter pour lui lors de la prochaine élection à la tête de l’instance mondiale du football.
Pour Samuel Eto’o, les fédérations africaines doivent avant tout défendre leurs propres intérêts, en tenant compte des réalités auxquelles elles sont confrontées. Une position qui intervient alors que Gianni Infantino fait l’objet de critiques de la part de plusieurs confédérations, notamment autour de certaines de ses propositions concernant l’avenir du football mondial.
Le projet de vente de parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés avait notamment suscité de nombreuses réactions. Face à la polémique, le projet a finalement été abandonné. Malgré les critiques, la Confédération africaine de football (CAF) a maintenu son soutien à Gianni Infantino.
Eto’o défend la position africaine
Samuel Eto’o estime que l’Afrique ne peut pas toujours aborder les questions liées au football avec la même approche que les grandes puissances du football mondial.
« Nous n’avons pas les mêmes défis que les Européens, que certains Sud-Américains. Nos budgets sont limités et on nous demande d’être aussi performants que ces grandes nations de football », a expliqué le président de la Fécafoot à France 24.
Pour lui, cette différence de moyens doit être prise en compte lorsqu’il est question de gouvernance et de développement du football.
L’ancien capitaine des Lions indomptables considère donc que la position de l’UEFA, qui défend ses propres intérêts, est compréhensible. Il estime cependant que les dirigeants africains doivent eux aussi être capables de se réunir autour de leurs propres préoccupations.
« L’UEFA va défendre ses intérêts, ce qui est normal. Mais ce qui est d’autant plus normal aussi, c’est que les Africains défendent leurs intérêts », a-t-il déclaré.
« Je voterai pour Gianni Infantino »
Interrogé directement sur la prochaine élection présidentielle de la FIFA, Samuel Eto’o ne laisse guère de place au doute.
Le président de la Fécafoot affirme qu’il apportera son vote à Gianni Infantino s’il est toujours à la tête de la Fédération camerounaise de football au moment du scrutin.
« Si je continue à être président de la Fédération camerounaise de football, je voterai pour lui pour tout ce qu’il a apporté au football africain », assure-t-il.
Samuel Eto’o souhaite même convaincre ses homologues africains de faire bloc autour de la candidature du président de la FIFA. Il dit vouloir « militer auprès de mes collègues présidents pour que, pour une fois, les 54 présidents de la Confédération africaine de football votent en faveur de Gianni ».
L’ancien joueur du FC Barcelone et de l’Inter Milan va encore plus loin en estimant que Gianni Infantino est celui qui, selon lui, a le plus contribué au développement du football africain.
« Je pense que celui qui a le plus apporté à l’Afrique, c’est le président Gianni », affirme-t-il.
Une relation devenue personnelle
Ce soutien ne repose pas uniquement sur des considérations liées à la gouvernance du football. Samuel Eto’o évoque également une relation personnelle avec le dirigeant italo-suisse.
« Au niveau de mon cœur, le président Gianni, au-delà du football, c’est devenu un grand frère, un ami », confie-t-il.
Une proximité qui explique en partie la position assumée du président de la Fécafoot, alors que plusieurs voix critiquent actuellement la gestion de Gianni Infantino.
Samuel Eto’o a également répondu aux accusations formulées par Constant Omari, ancien président de la Fédération congolaise de football. Ce dernier avait notamment affirmé que certains dirigeants africains étaient moralement corrompus et que Gianni Infantino disposerait de dossiers compromettants sur plusieurs fédérations du continent.
Eto’o rejette cette lecture et affirme être totalement aligné derrière le président de la FIFA. Il assure également ne pas avoir subi de pression ou de menace dans ses échanges avec les instances internationales.
Eto’o écarte pour l’instant les ambitions continentales
Alors que le président de la CAF, Patrice Motsepe, a annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat en 2029, la question des ambitions futures de Samuel Eto’o sur le continent lui a également été posée.
Le président de la Fécafoot préfère pour le moment se concentrer sur sa mission au Cameroun.
« Je suis très heureux à la Fédération camerounaise de football », affirme-t-il, ajoutant que son équipe dirigeante a encore « plein de défis à surmonter ».
Il s’est également réjoui du sacre des Lionnes indomptables à la CAN féminine 2026, estimant qu’elles ont marqué l’histoire du football camerounais.
Pour Samuel Eto’o, les ambitions restent élevées pour les sélections camerounaises. Il estime notamment que le Cameroun ne doit pas participer aux compétitions uniquement pour se qualifier, mais avec l’objectif d’aller chercher les trophées.
Hakimi ou Mané pour le Ballon d’Or ?
L’ancien buteur camerounais a enfin été interrogé sur la course au Ballon d’Or et le choix éventuel entre deux grandes figures du football africain, le Marocain Achraf Hakimi et le Sénégalais Sadio Mané.
Sur cette question, Eto’o laisse entendre que le choix doit aussi tenir compte de la dimension africaine du football.
Le débat entre Hakimi et Mané promet donc d’être animé, alors que les performances des joueurs africains continuent de susciter une attention particulière sur la scène internationale.
À travers ses différentes prises de position, Samuel Eto’o assume ainsi une ligne claire : défendre les intérêts du football africain, soutenir Gianni Infantino et encourager les dirigeants des fédérations du continent à parler d’une même voix sur les grands dossiers qui concernent leur avenir.





