À un mois de la rentrée parlementaire, fixée au 5 octobre, l’Assemblée nationale guinéenne prépare déjà le terrain pour donner à cet événement institutionnel une véritable dimension culturelle. Une délégation de parlementaires a été reçue ce mercredi 9 septembre par le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, pour évoquer les contours de cette collaboration.
La délégation était conduite par deux figures de l’hémicycle : Fanta Conté, présidente de la Commission Commerce, Tourisme, Artisanat et Hôtellerie, et Senou Samoura, président de la Commission Environnement, Agriculture et Développement durable. Leur déplacement au ministère traduit une volonté claire : associer directement le patrimoine culturel et artisanal du pays à un rendez-vous institutionnel majeur.
Habiller la rentrée aux couleurs locales
Au cœur des échanges, Fanta Conté a détaillé les activités envisagées par l’Assemblée pour donner du relief culturel à la cérémonie de rentrée. La demande adressée au département de la Culture porte sur un accompagnement pour la valorisation des textiles et de l’artisanat guinéens. Concrètement, l’idée est de permettre aux participants de porter, ce jour-là, des créations issues du savoir-faire local, plutôt que de privilégier des tenues importées.

La délégation souhaite également offrir aux artisans guinéens un espace dédié à l’exposition et à la vente de leurs productions, en marge de l’événement. Une façon de transformer la rentrée parlementaire en vitrine pour un secteur qui peine souvent à trouver des débouchés à la hauteur de son potentiel.
La musique traditionnelle en renfort
Au-delà du textile et de l’artisanat, les parlementaires ont proposé d’associer des groupes de musique traditionnelle à la cérémonie. L’ambition est de mettre en avant le patrimoine culturel national devant les invités présents, qu’il s’agisse de personnalités politiques, diplomatiques ou de la société civile.
Pour les élus à l’origine de cette initiative, l’enjeu dépasse le simple habillage protocolaire de la rentrée. Il s’agit de promouvoir le savoir-faire local, de soutenir les créateurs et les artisans guinéens, et de donner à voir, auprès des invités, les richesses culturelles du pays. Une manière aussi de rappeler que les institutions de la République peuvent devenir des relais concrets pour des filières encore fragiles.
Un ministère disposé à accompagner l’initiative
De son côté, le ministre Moussa Moïse Sylla a accueilli favorablement la démarche des parlementaires et confirmé la disponibilité de son département à les accompagner dans sa mise en œuvre. Il a profité de la rencontre pour rappeler sa vision du secteur culturel, qu’il considère comme un véritable levier de développement.

Pour le ministre, la culture ne doit pas se limiter à une fonction symbolique ou événementielle. Elle doit servir à valoriser le patrimoine national, à promouvoir les savoir-faire des artisans et créateurs, mais aussi à créer des opportunités concrètes, notamment pour les jeunes et les femmes engagés dans les métiers culturels et artisanaux.
Cette rencontre entre l’Assemblée nationale et le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat illustre une tendance qui se dessine depuis plusieurs mois en Guinée : celle d’associer davantage les secteurs culturel et artisanal aux grands moments de la vie institutionnelle du pays. Reste à voir, le jour de la rentrée parlementaire, comment ces annonces se traduiront concrètement sur le terrain, entre défilés de tenues locales, stands d’artisans et prestations musicales traditionnelles dans l’enceinte du Parlement.





