Pour Ablaye M’Baye, alias Skandal, directeur du label Meurs Libre Prod, le Hip-hop ne saurait être assimilé à la délinquance ou à une perte de temps. Lors du lancement officiel de la 8e édition du Festival Lassiry Hip-Hop, il a tenu à déconstruire ces préjugés, en mettant en avant le rôle de ce mouvement dans la formation, l’entrepreneuriat et l’émergence de nombreux leaders.
Rappeur au sein du groupe Degg J Force 3, Ablaye M’Baye a progressivement élargi son champ d’action dans l’industrie culturelle guinéenne. De l’interprétation à la production, en passant par la promotion d’événements, il a acquis une expérience qui nourrit aujourd’hui son regard sur le potentiel du Hip-hop. Selon lui, ce mouvement a permis à de nombreux jeunes d’apprendre sur le terrain, de développer leur esprit entrepreneurial et de se construire un avenir.
« On est aux côtés de la série Hip Hop parce que nous-mêmes, de base, on est Hip Hop. On croit en ce mouvement », a-t-il déclaré, avant de rappeler l’influence de cette culture sur son parcours et celui de nombreux acteurs du secteur.
Pour Skandal, le Hip-hop a notamment donné de l’espoir à une génération de jeunes qui contribuent aujourd’hui au développement culturel du pays et au rayonnement de l’Afrique à l’international.
« Si aujourd’hui, on parle de M. M’Baye, ou on parle de Degg J Force 3, ou on parle de tellement de jeunes ici aujourd’hui qui sont en train de faire de grandes choses pour ce pays, pour l’Afrique et pour le monde, c’est parce que de base, ils ont eu de l’espoir. Et cet espoir-là est passé par le Hip-hop », a-t-il expliqué.
Il estime également que cette culture a permis à beaucoup de jeunes de découvrir les réalités de la vie professionnelle, de s’initier à l’entrepreneuriat et de développer leur capacité à se débrouiller dans un environnement parfois difficile.
« Ceux qui pensent que le Hip-hop, c’est pour les délinquants, c’est eux qui n’ont pas compris »
Revenant sur les préjugés qui entourent encore le mouvement, le directeur de Meurs Libre Prod a vivement contesté les discours qui associent le Hip-hop à la délinquance ou à l’oisiveté.
« Donc ceux qui pensent que le Hip-hop, c’est pour les délinquants, c’est pour perdre son temps, c’est eux qui n’ont pas compris. Le Hip-hop, c’est la vie. C’est un concept qui a permis à beaucoup de leaders d’exister aujourd’hui, même des présidents de la République », a-t-il affirmé.
Pour lui, la passion des jeunes mérite d’être prise au sérieux et accompagnée afin de leur permettre de développer leur potentiel. Il appelle ainsi les acteurs culturels, les encadreurs et les différentes parties prenantes à soutenir les jeunes qui s’investissent dans cette culture.
« Quand il y a des jeunes qui ont une passion, ils croient en leur passion, ils sont en train de la développer. Il est très souvent important de les encadrer, de les aider, de les laisser avancer », a-t-il souligné.
En conclusion, Skandal a rappelé le poids économique du Hip-hop à l’échelle mondiale, affirmant que cette industrie génère des milliards de dollars chaque année. À travers cette prise de position, il invite à considérer le Hip-hop non seulement comme une expression artistique, mais aussi comme un levier de formation, d’entrepreneuriat et d’opportunités pour la jeunesse.
Ahmed Soumah





