C’est désormais officiel. L’ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló a annoncé, le 26 septembre 2026, sa candidature à la prochaine élection présidentielle en Guinée-Bissau.
En exil depuis son renversement par un coup d’État militaire, l’ancien chef de l’État a confirmé son intention de briguer à nouveau la magistrature suprême. Interrogé sur ses ambitions politiques, il a simplement répondu : « Oui, je serai candidat », rapporte RFI.
Umaro Sissoco Embaló avait été renversé à la veille de l’annonce des résultats provisoires des dernières élections présidentielle et législatives. À la suite du putsch, il avait quitté le pays.
À l’époque, certains observateurs avaient émis l’hypothèse qu’il aurait pu orchestrer le coup d’État afin d’interrompre le processus électoral, alors que l’opposition revendiquait la victoire. Ces accusations avaient été formulées dans un contexte politique particulièrement tendu.
Un retour au pays annoncé
La candidature d’Umaro Sissoco Embaló intervient alors que son retour en Guinée-Bissau est annoncé dans les prochains jours. Selon les informations rapportées par Jeune Afrique, son retour serait prévu pour le 4 octobre.
Fernando Vaz, porte-parole du gouvernement de transition mis en place par les militaires, a indiqué que l’ancien président pourrait rentrer au pays.
« Ce n’est pas encore officiel, mais tout le monde dit qu’il reviendra au pays ce dimanche. Le président de transition lui-même a déjà réagi à cela et il a répondu que tout citoyen bissau-guinéen peut rentrer dans son pays », a-t-il déclaré.
Concernant une éventuelle candidature, le porte-parole a également rappelé le principe du droit de participer à la compétition électorale, tout en précisant que les candidatures devront être examinées par les instances compétentes.
L’opposition réagit
L’annonce de la candidature et du retour d’Umaro Sissoco Embaló intervient dans un contexte politique marqué par la suspension des activités politiques et le contrôle du pays par une junte militaire depuis le coup d’État de novembre dernier.
Le sujet suscite notamment des réactions au sein de l’opposition. Domingos Simões Pereira, président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), a fait part de ses préoccupations face à cette nouvelle donne.
« La nouvelle suscite de la stupéfaction chez la plupart des Guinéens et cela s’explique par le contexte actuel. Toutes les activités politiques sont suspendues et une junte militaire contrôle le pays depuis le coup d’État de novembre dernier », a-t-il déclaré, selon Jeune Afrique.
Domingos Simões Pereira estime par ailleurs que le contexte actuel pourrait favoriser le retour d’Umaro Sissoco Embaló au pouvoir. « Tout semble donc orchestré pour exclure les autres et créer un terrain favorable au retour et à la reprise du pouvoir présidentiel par Umaro Sissoco Embaló », a-t-il affirmé.
Le retour annoncé de l’ancien président et sa volonté de participer à la prochaine présidentielle devraient ainsi alimenter les débats sur les conditions d’organisation du prochain scrutin en Guinée-Bissau.
Mohamed sylla





