L’opposant ivoirien Justin Koné Katinan a été placé sous mandat de dépôt ce vendredi 11 septembre 2026, après plusieurs jours d’audition. Le 4e vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), formation politique dirigée par Laurent Gbagbo, fait désormais l’objet de poursuites pour plusieurs chefs d’accusation liés notamment aux troubles survenus pendant la période électorale de 2025.
La procédure contre l’ancien ministre s’est accélérée au cours de cette semaine. Justin Koné Katinan était entendu depuis mercredi à la préfecture d’Abidjan, à la suite d’une plainte déposée par le RHDP, le parti au pouvoir. Cette première affaire portait notamment sur des accusations de diffamation.
Mais le dossier a pris une nouvelle dimension vendredi matin. Après son déferrement à la section antiterroriste, l’opposant a été entendu dans le cadre d’une seconde procédure. C’est à l’issue de cette audition qu’il a été inculpé puis placé sous mandat de dépôt.
Dans un communiqué rendu public vendredi en début d’après-midi, le procureur de la République a confirmé la décision et détaillé les poursuites engagées contre Justin Koné Katinan.
17 chefs d’inculpation
Selon le parquet, l’opposant est poursuivi pour plusieurs faits particulièrement graves. Parmi les chefs d’inculpation évoqués figurent notamment des actes terroristes, un attentat contre l’autorité de l’État ainsi que la participation à un mouvement insurrectionnel.
Au total, 17 chefs d’inculpation seraient retenus contre lui. Des faits qui, selon son avocat, Maître Sylvain Tapi, sont passibles de la réclusion à perpétuité.
L’avocat considère les charges retenues contre son client comme particulièrement lourdes. Il affirme également que Justin Koné Katinan a été profondément choqué par l’annonce de son inculpation.
Le dossier concerne, selon le procureur de la République, la participation présumée de l’opposant aux troubles enregistrés pendant la période électorale de 2025. Dans son communiqué, le parquet rappelle avoir averti, dès le 24 octobre 2025, que les violences commises durant cette période feraient l’objet de poursuites.
Cette mise en garde est aujourd’hui remise en avant par les autorités judiciaires pour justifier l’ouverture des procédures visant plusieurs personnes soupçonnées d’avoir joué un rôle dans les événements de cette période.
Le PPA-CI dénonce une procédure politique
Du côté du PPA-CI, la décision judiciaire provoque une vive réaction. Le parti de Laurent Gbagbo dénonce ce qu’il qualifie de « kidnapping institutionnel » et réclame la libération immédiate et sans condition de son 4e vice-président.
La formation politique conteste ainsi la procédure engagée contre Justin Koné Katinan et établit un lien entre son arrestation et la plainte déposée initialement par le RHDP.
Le PPA-CI estime par ailleurs que cette nouvelle affaire pourrait avoir des conséquences plus larges sur ses responsables. Le parti affirme que « tous les cadres du PPA-CI sont désormais des prisonniers ambulants en sursis ».
Cette réaction intervient dans un contexte politique ivoirien particulièrement tendu, marqué par des divergences persistantes entre le pouvoir et plusieurs formations de l’opposition.
Justin Koné Katinan conteste les accusations
Par l’intermédiaire de son avocat, Justin Koné Katinan rejette les accusations portées contre lui. Selon Maître Sylvain Tapi, son client considère que ses droits fondamentaux ont été violés au cours de la procédure.
L’ancien ministre affirme également avoir été surpris et révolté par son inculpation. Pour sa défense, la gravité des chefs retenus nécessite désormais une attention particulière sur les conditions dans lesquelles la procédure judiciaire va se poursuivre.
Le placement sous mandat de dépôt signifie que Justin Koné Katinan reste désormais détenu dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire. Son avocat entend poursuivre sa défense face aux différents chefs d’accusation retenus par la justice ivoirienne.
Une affaire qui pourrait raviver les tensions politiques
L’arrestation de Justin Koné Katinan intervient alors que les rapports restent tendus entre le pouvoir et certaines composantes de l’opposition ivoirienne. Le PPA-CI, qui se présente comme l’une des principales forces de l’opposition, voit dans cette procédure une nouvelle source de confrontation avec les autorités.
Pour l’heure, le principal parti d’opposition, le PDCI, n’a pas réagi publiquement à cette décision. Le RHDP, à l’origine de la plainte qui avait conduit à la première audition de Justin Koné Katinan, n’a pas non plus fait de commentaire sur son placement sous mandat de dépôt.
La justice ivoirienne devra désormais poursuivre l’instruction de ce dossier particulièrement sensible. Avec 17 chefs d’inculpation évoqués et des accusations pouvant entraîner de lourdes peines, l’affaire Justin Koné Katinan pourrait rapidement devenir l’un des dossiers judiciaires et politiques les plus suivis en Côte d’Ivoire.





