Le président américain Donald Trump a relancé une promesse qui ne manque pas de faire réagir aux États-Unis. Mercredi, il a annoncé qu’un « dividende » de 5 000 dollars pourrait être versé à chaque citoyen américain adulte si les républicains conservent ou obtiennent la majorité au Congrès à l’issue des élections législatives de novembre.
Le chef de l’État n’a toutefois pas précisé les modalités concrètes de ce versement. Il a évoqué les recettes provenant des droits de douane imposés aux produits importés, sans présenter à ce stade de mécanisme détaillé permettant de financer une telle mesure.
Cette annonce soulève donc plusieurs questions, notamment sur son coût, sa faisabilité et son cadre juridique.
Une promesse qui devra passer par le Congrès
Sur le plan légal, la situation est plus complexe qu’une simple promesse électorale. La législation fédérale américaine interdit notamment d’offrir un paiement à un électeur dans le but de l’inciter à voter, à ne pas voter ou à choisir un candidat.
La proposition de Donald Trump pourrait toutefois ne pas entrer directement dans ce cadre si le versement était accordé à l’ensemble des citoyens concernés, indépendamment de leur choix dans les urnes.
Surtout, le président américain ne peut pas décider seul d’un tel paiement. La mise en place d’un programme de cette ampleur nécessiterait l’adoption d’une loi par le Congrès.
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump évoque un versement exceptionnel aux Américains. Début 2025, il avait déjà parlé d’un paiement de 5 000 dollars aux contribuables, qui aurait été financé par les économies réalisées sur les dépenses fédérales. Cette proposition n’avait finalement pas abouti.
Quelques mois plus tard, en novembre 2025, il avait également annoncé un « dividende » de 2 000 dollars, financé par les droits de douane et destiné aux Américains répondant à certaines conditions de revenus. Là encore, la mesure n’a pas été concrétisée.
Une facture qui dépasserait 1 200 milliards de dollars
Le principal obstacle reste le coût d’un tel programme. Les États-Unis comptent environ 277 millions d’adultes âgés de 18 ans et plus. Un versement de 5 000 dollars à chacun représenterait environ 1 384 milliards de dollars.
Si seuls les citoyens américains étaient concernés, le montant resterait considérable, autour de 1 270 milliards de dollars.
Une dépense de cette ampleur représenterait environ 18 % du budget fédéral américain de 2025. Elle dépasserait même les dépenses militaires du pays rapportées au budget de la même année.
À titre de comparaison, les différents programmes d’aide directe adoptés par le Congrès pendant la pandémie de Covid-19 avaient représenté environ 814 milliards de dollars en trois vagues de versements, avec des conditions de ressources.
Les droits de douane peuvent-ils financer la mesure ?
C’est l’une des principales interrogations. Les droits de douane ont rapporté environ 195 milliards de dollars aux États-Unis en 2025, un montant très inférieur à ce qu’il faudrait pour financer un versement de 5 000 dollars à l’ensemble des adultes concernés.
Les recettes douanières ne suffiraient donc pas, à elles seules et à court terme, à couvrir une telle dépense.
Cette proposition intervient par ailleurs dans un contexte budgétaire déjà tendu. Le déficit fédéral américain atteignait environ 2 000 milliards de dollars sur les onze premiers mois de l’année fiscale.
Le risque d’une nouvelle pression sur les prix
Une autre question concerne les conséquences économiques d’un versement massif. Injecter directement une importante somme d’argent dans les ménages pourrait stimuler la consommation. Si l’offre de biens et de services ne suit pas, cette hausse de la demande peut contribuer à pousser les prix à la hausse.
L’enjeu est d’autant plus sensible que l’inflation américaine reste supérieure à l’objectif de la Réserve fédérale. Elle atteignait 3,4 % sur un an en juillet, contre une cible de 2 % pour la Fed.
Une étude de la branche de la Fed basée à Saint-Louis avait par ailleurs estimé que les mesures de soutien adoptées pendant la crise sanitaire avaient contribué à augmenter l’inflation de 2,6 points de pourcentage.
Pour l’heure, la promesse de Donald Trump reste donc au stade de l’annonce. Son financement, son éventuelle adoption par le Congrès et ses effets sur les finances publiques comme sur l’inflation devront être clarifiés avant qu’un tel « dividende » puisse devenir une réalité.





