Les organisateurs des Médias Awards ont dévoilé ce matin, lors d’une conférence de presse tenue à la Maison de la presse de la Minière, les grandes lignes de la cinquième édition de cet événement devenu un rendez-vous incontournable du paysage médiatique guinéen. Sous le slogan « célébrons-nous vivant », la cérémonie récompense chaque année les journalistes et techniciens qui se sont distingués au cours de l’année écoulée.
Pour cette édition, le thème retenu place la presse écrite au centre des débats. « La presse écrite, socle du journalisme moderne en Guinée » servira de fil conducteur à l’ensemble des activités prévues. Au total, 62 journalistes seront distingués à travers des prix honorifiques et des prix d’honneur.
Un hommage au doyen Souleymane Diallo
Cette cinquième édition se veut particulière à plus d’un titre. Elle rendra notamment hommage au doyen Souleymane Diallo, fondateur du groupe de presse Lynx & Lance, figure respectée du journalisme guinéen.
Sana Josemar Camara, commissaire générale adjoint des Médias Awards, a détaillé les objectifs poursuivis par les organisateurs. « Pour les objectifs spécifiques de cette cinquième édition, le premier objectif sera de reconnaître et de récompenser l’excellence au sein des médias guinéens. Le deuxième objectif sera de rendre hommage aux figures qui ont marqué l’histoire de la presse nationale. Le troisième objectif sera de mettre en lumière le rôle fondateur de la presse écrite dans le journalisme moderne en Guinée. Le quatrième, alerter sur la précarité du secteur et les risques de disparité de certains titres. Et le dernier objectif que nous visons à travers cette cinquième édition sera de favoriser le dialogue entre professionnels, institutions, partenaires et pouvoir public », a-t-elle expliqué.
Deux jours d’activités en novembre
L’événement se déroulera sur deux journées. Le 27 novembre sera consacré à un panel sur l’avenir de la presse écrite en Guinée. Le lendemain, le 28 novembre, se tiendra la cérémonie de distinction et d’hommage, prévue au chapiteau By-Issa.
Des critères de participation exigeants
Le Grand Prix Souleymane Diallo, qui donne son nom au concours cette année, repose sur des règlements précis présentés par Méschacson Kourouma, chargé de communication des Médias Awards.
« Pour le Grand Prix Souleymane Diallo, nous avons essayé d’établir des critères, des règlements sur lesquels vous devez travailler. Et pour cela, nous avons parlé du thème de l’orientation des productions. On demande à ce que l’angle obligatoire porte au moins sur trois axes parmi lesquels la situation économique des entreprises de presse écrite, les conditions de travail et la précarité des journalistes, l’impression, la distribution et l’accessibilité des journaux, la baisse des ventes et des recettes publicitaires, entre autres », a-t-il précisé.
Pour être admise à la compétition, toute production devra être originale et réalisée spécialement pour le concours. Elle devra avoir été publiée ou diffusée par un média reconnu pendant la période fixée par le comité d’organisation, être principalement consacrée à la presse écrite guinéenne et comporter un véritable travail de terrain effectué sur le territoire national. Les candidats devront également mobiliser au minimum quatre sources distinctes et présenter plusieurs points de vue, tout en respectant les règles d’éthique, de vérification des faits et de droit de réponse. Le nom du journaliste ou de l’équipe de réalisation devra être clairement mentionné, et le format, la durée ou le volume prévu pour chaque catégorie devra être strictement respecté.
Les candidats devront constituer un dossier complet comprenant la production effectivement publiée ou diffusée, une preuve de publication ou de diffusion indiquant le média et la date, une note de présentation de 300 mots maximum, la liste des principales sources documentaires et statistiques, ainsi qu’une attestation sur l’honneur certifiant l’originalité du travail.
Des formats adaptés à chaque catégorie
Les organisateurs ont également fixé des exigences de format selon les catégories. Pour la radio, les productions admises sont le reportage, le magazine ou le documentaire radiophonique, d’une durée de 8 à 12 minutes. Pour la télévision, le grand reportage ou le mini-documentaire devra durer entre 6 et 10 minutes. La presse écrite, elle, attend des enquêtes, grands reportages ou articles d’analyse de 1500 à 2500 mots. Le format numérique, de son côté, privilégie les enquêtes ou grands formats de 1200 à 2200 mots, tandis que le web multimédia doit proposer un texte enrichi de photos, de données, d’audio ou d’infographies, pour une lecture de 6 à 10 minutes.
Chaque catégorie répond aussi à des critères d’appréciation qui lui sont propres. Le reportage radiophonique sera jugé sur la qualité de l’écriture radiophonique et la clarté de la narration, la diversité des voix, des témoignages et des lieux de reportage, ainsi que l’utilisation pertinente des ambiances et des sons de terrain. Le reportage télévisé, lui, sera évalué sur la valeur informative et l’authenticité des images, ainsi que sur la cohérence entre le commentaire, les images et les témoignages.
Pour les journaux imprimés, le jury attend un article précis, informatif et attractif, porté par un angle journalistique clairement défini, une introduction qui fait ressortir l’enjeu principal, une structure cohérente soutenue par des intertitres, des témoignages et documents vérifiables, ainsi qu’une analyse approfondie servie par une écriture claire. Les sites d’information et formats web devront respecter les mêmes exigences de fond que la presse écrite, tout en restant facilement lisibles sur téléphone mobile, avec des paragraphes courts, des intertitres pertinents, des liens vers les documents et données utilisés, des photographies correctement légendées et créditées, ainsi qu’une intégration cohérente des contenus multimédias.
Donner la parole à toutes les voix du secteur
Les organisateurs insistent sur la diversité des sources. Chaque production devra donner la parole à au moins quatre catégories d’acteurs, parmi lesquels un journaliste, directeur de publication ou responsable d’un journal, un imprimeur, distributeur ou vendeur de journaux, un lecteur, universitaire ou spécialiste des médias, ainsi qu’un représentant d’une institution publique ou professionnelle.
Il est également recommandé d’intégrer les réalités de l’intérieur du pays, les voix des femmes et des jeunes journalistes, les témoignages issus de journaux disparus, ainsi que des données sur le tirage, les ventes, les coûts d’impression et la publicité.
Sur le plan de l’évaluation, le jury s’appuiera sur une grille commune tenant compte de la pertinence par rapport au thème, de la qualité de l’enquête et du travail journalistique, de la diversité et de la fiabilité des sources, de la profondeur de l’analyse, de l’équilibre et du respect de l’éthique, ainsi que de l’originalité du traitement.





