Le gouvernement guinéen a lancé ce jeudi 10 septembre 2026 la deuxième édition de la revue annuelle des établissements publics administratifs (EPA) et de santé (EPS), neuf ans après la première édition organisée en 2017. Un délai long, qui traduit à lui seul l’ampleur du chantier que le pays entend désormais rattraper.
L’exercice est piloté par le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, à travers la Direction générale du patrimoine de l’État et des investissements privés (DGPEIP). La cérémonie de lancement s’est tenue sous la présidence du Premier ministre, Amadou Oury Bah, en présence de plusieurs membres du gouvernement.
Placée sous le thème « Les établissements publics face aux exigences de performance : quelle gouvernance pour accompagner la Vision Simandou 2040 ? », la rencontre a un objectif clair : remettre de la transparence, de la redevabilité et une véritable culture du résultat au cœur des organismes publics. L’analyse portera sur trois exercices budgétaires — 2023, 2024 et 2025 — afin de dégager les tendances financières et institutionnelles sur la durée, plutôt qu’une simple photographie instantanée.
Un portefeuille public encore mal connu
Selon Djenabou Diallo, directrice générale de la DGPEIP, la relance de cet exercice répond avant tout à un besoin concret : reconstituer une base de données fiable et se doter d’une nouvelle situation de référence. Sur les 151 établissements identifiés en 2026, 119 EPA et EPS ont fourni des données complètes — soit un taux d’analyse d’environ 79 % du portefeuille national. Un chiffre qui montre à la fois l’ampleur du travail accompli et celle qui reste à faire pour couvrir l’ensemble des structures.
Le travail d’évaluation a mobilisé un comité de pilotage interministériel, associant le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, la Primature, ainsi que les départements sectoriels concernés.

« Cette organisation traduit une conviction qui a guidé nos travaux dès le départ : la gouvernance des établissements publics est une responsabilité partagée », a martelé Djenabou Diallo.
Transformer les moyens en résultats
La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a replacé cette initiative dans un contexte macroéconomique porteur, avec une croissance projetée à 8,6 % pour 2026 et près de 20 milliards de dollars d’investissements directs étrangers liés au projet Simandou.
Pour elle, les 119 établissements analysés qui emploient plus de 13 000 agents doivent désormais être gérés sous une tutelle financière axée sur la gestion des risques et la performance, et non plus sur la simple exécution budgétaire.

« Les éléments présentés nous rappellent une exigence essentielle : un diagnostic n’a de valeur que s’il conduit à l’action. Nos établissements publics administratifs et scientifiques interviennent dans des domaines essentiels de l’action publique et mobilisent des ressources importantes de l’État pour accomplir leurs missions. La question qui doit désormais guider notre action est celle de leur capacité à transformer ces moyens en résultats concrets et en services de qualité pour nos concitoyens. Chaque franc guinéen mobilisé doit être rattaché à un résultat et à une amélioration du service rendu aux usagers », a-t-elle affirmé.
Cap sur le budget-programme dès 2027
Le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a de son côté insisté sur l’ampleur des transferts de l’État vers ces organismes. Sur une enveloppe globale de 6 000 milliards de francs guinéens de transferts budgétaires, la moitié est absorbée par le seul secteur énergétique, l’autre moitié se répartissant entre les EPA et les EPS.
Le chef du gouvernement a fixé une échéance sans ambiguïté : le basculement intégral vers le budget-programme au 1ᵉʳ janvier 2027. Une transformation qui reposera sur trois leviers — la digitalisation des procédures, l’optimisation des ressources et la restructuration qualitative des entités publiques — afin d’aligner leurs résultats sur les ambitions de la Vision Simandou 2040.

Reste à savoir si cette deuxième édition parviendra à s’inscrire dans la durée, là où la première n’avait pas eu de suite pendant près d’une décennie.
Ci-dessous les données clés issues de la revue (Exercices 2023-2025)






